Lyon - Clermont - "C'est dur de faire accepter l'urgence" : Lyon, le grand danger de la relégation

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Personne n'est à l'abri. L'OM, Bordeaux, Saint-Etienne, Nantes ont tous goûté à la L2 et certains y sont encore. Et Lyon, 17e de L1, est en danger. Guy Lacombe et Raynald Denoueix ont vécu des saisons galère dans des clubs, Monaco, le PSG et Nantes, pourtant promis au haut de tableau. Ils nous racontent leur expérience qui résonne comme un sérieux avertissement à l'OL.

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En ce 22 octobre 2023, Lyon a une chance sur trois de descendre en Ligue 2. Voilà pour la cruelle réalité mathématique. Dans l'histoire du championnat de France à 18 clubs, six clubs ont démarré la saison avec trois points ou moins après 8 journées. Quatre s'en sont sortis (Sète 1948, Red Star 1949, Saint-Etienne 1953 et Nantes 2002), deux ont trépassé (Strasbourg 1952, Béziers 1958). Malgré son effectif, malgré son budget, malgré son stade, malgré son palmarès, malgré son nom, l'OL, tout Olympique Lyonnais qu'il est, est donc en grand danger.
Demandez donc au voisin stéphanois ou à Bordeaux : le nom ne protège de rien. Nantes dans les années 2000, l'OM dans les années 1980, un accident est vite arrivé. "Pour le moment, on est là, on ne peut pas jouer les premières places. Donc, bien sûr qu’on joue le maintien", a déjà admis le nouvel entraîneur Fabio Grosso. D'autres entraîneurs avant lui se sont retrouvés dans une situation diablement dangereuse, aux manettes d'un club en danger et qui n'était pas programmé pour l'être.
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Leaders partis, contexte mouvant

C'est le cas de Guy Lacombe, entraîneur d'un PSG à la dérive en 2007 et d'une AS Monaco qui finira en Ligue 2 en 2011. Après huit journées à l'automne 2001, le Nantes de Raynald Denoueix, champion de France en titre, compte trois points comme l'OL aujourd'hui. Les deux coaches ont vécu des déclassements sévères dans des clubs qui n'avaient pas l'habitude de se battre pour leur maintien. Comment en sont-ils arrivés là ? Paris, Monaco et Nantes d'hier partagent des symptômes avec l'OL d'aujourd'hui.
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Guy Lacombe, l'ancien entraîneur du PSG.

Crédit: Imago

"A l'intersaison, on a perdu des leaders comme Nene, François Modesto ou Julien Rodriguez. A Paris, on avait des bons joueurs mais pas de leaders, se souvient Lacombe. Or, dans ces moments difficiles, il faut des relais pour l'entraîneur surtout dans ces clubs-là où on a besoin de joueurs de caractère." "A l'été, on perd Éric Carrière, rembobine Denoueix. Certes, on sortait d'un titre de champion de France mais on n'avait pas écrasé le foot français. Une équipe est constituée de grands joueurs et il suffit d'en perdre un ou deux pour que ça s'écroule." Avec Bradley Barcola et Castello Lukeba, l'OL a laissé s'échapper en août le détonateur de son attaque et le patron de sa défense. Et qui sont les leaders, les joueurs de caractère aujourd'hui ? Anthony Lopes et Alexandre Lacazette doivent se sentir seuls.
Raynald Denoueix pointe un autre facteur commun aux Canaris en 2001 et à l'OL cette saison : un contexte mouvant et une direction floue. "Nous venions de nous faire racheter par la Socpresse. Dix minutes avant la 5e journée, à Guingamp, mon président, Kléber Bobin, me dit qu'il risque de se faire licencier. Je comprends que, moi aussi, je risque de perdre mon poste. Il y avait une continuité jusqu'en 2001 et puis, on bascule dans autre chose. C'est la fin d'un club qui restait, d'une certaine manière, amateur." Un changement brutal qui fait écho à celui de l'OL, à la fin de l'ère Jean-Michel Aulas, à la politique de table rase initiée par John Textor et dont Laurent Blanc fut l'une des victimes.
Ce contexte instable où les bases vacillent peut entraîner un club et une équipe dans ses sables mouvants. L'autre grande difficulté, identifiée par Guy Lacombe, c'est de faire admettre par un club qui n'a pas anticipé lutter pour le maintien, qu'il est en danger. "C'est dur de faire accepter l'urgence, prévient-il. Honnêtement, c'est le plus compliqué de communiquer là-dessus, de faire adhérer un groupe, un club et des supporters à cette mission. Il faut activer des leviers : faire comprendre que c'est honorable de jouer le maintien, que ça peut être jouissif de sauver une institution, des salariés. Que l'aventure commune peut être structurante."
"C'est inaudible, réfute Denoueix. En tant qu'entraineur quand on disait 'attention', quand on commençait à développer des arguments... On ne peut rien expliquer, les gens voient que vous ne gagnez pas. Point final. Vous êtes Lyon, vous devez être dans les trois premiers. C'est inaudible…"
La difficulté semble être supérieure pour un grand nom du championnat de France si l'environnement qui l'entoure reste complètement hermétique au danger et refuse de l'intégrer. Maxence Caqueret n’a visiblement pas encore saisi l’enjeu : "Notre bilan fait peur. Ce ne sont pas les résultats qui correspondent à cette grande institution. Honnêtement, il ne faut pas prêter attention au classement maintenant." L'exemple de la politique de l’autruche.
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Maxence Caqueret, le milieu de terrain de l'OL.

Crédit: Getty Images

"Bien sûr, c'est plus difficile de vivre ces situations dans un grand club, continue Lacombe. Mais si toutes les composantes du club admettent qu'on joue le maintien, ça devient plus facile parce que contrairement aux petites équipes, on a des grands joueurs, ça permet de faire des performances et de gagner n'importe où. Une victoire et tout peut se débloquer." Denoueix est beaucoup plus fataliste sur la capacité de réaction de joueurs venus au club pour jouer l'Europe et qui ferraillent pour ne pas descendre : "Les joueurs, venus pour jouer le podium, comment réagissent-ils ? Le mental est au-dessus de tout dans le foot. Sont-ils prêts à souffrir ensemble ? Est-ce que vous croyez que le staff personnel qui les entoure désormais leur dit : 'tu vas te retrousser les manches et te lever le cul pour que l'équipe aille mieux ?'" Alors oui, pour Lyon, le danger est grand.
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